Urbanisme et aménagement

bois-des-espeisses

Assigné en diffamation par Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes, Maurice Delmas, ancien président de l’ASPIC épaulé par Me Olivier Taoumi, a réuni la presse ce mercredi 14 novembre pour revenir sur le sujet très sensible du très accidentogène carrefour du Paratonnerre. Un projet daté du dbut des années 2 000, qui devait pousser sur la RN 106 à hauteur du Bois des Espeisses à Nîmes.

Sur le projet initial, un pont de 6 m de haut devait être aménagé sur ce carrefour situé sur un axe fréquenté par plus de 25 000 véhicules par jour et répertorié sur les itinéraires de convois exceptionnels. “En 2 000, tout le monde, politiques comme décideurs techniques avaient donné leur accord pour ce projet” explique Maurice Delmas. Mais en 2005, les croquis sont modifiés : Le pont ne fait plus 6 m mais 5,2 m et des contre-allées apparaissent côté ouest et est, cette dernière amputant le parc des Espeisses. “Il suffit d’augmenter la hauteur du pont pour pouvoir se passer de cette contre-allée et ainsi être plus respectueux de l’environnement et notamment du Bois des Espeisses.”

Oui mais voilà, dans le début des années 2 000, un autre projet prend forme, la vente d’un terrain communal de 13 hectares planté dans le Bois des Espeisses. Dès 2004, un appel d’offre est ouvert auquel une dizaine d’entreprises auraient répondu. “Le groupe de promoteurs retenu, Languedoc-Terrain devenu GGL, proposait 3 810 000€ alors que d’autres pouvaient aller jusqu’à 4 250 000€. Ce n’est qu’après des négociations que GGL s’est aligné à 4 millions d’euros, mais dans le même temps les autres candidats n’ont pu proposer plus. Pourquoi la Ville a-t-elle cédé au moins offrant alors qu’elle est très endettée ? Pourquoi, depuis le temps, n’a-t-elle pas réévalué le prix du m² fixé à 31€ depuis l’appel d’offre (le seul est l’unique et ce malgré l’annulation de la délibération municipale de 2005, NDLR) alors que les prix de l’immobilier augmentent chaque année de 4 à 5% ?” s’interroge Me Olivier Taoumi ne pouvant s’empêcher de soupçonner un délit de favoritisme.

Car ce projet de GGL repose sur une construction dite à l’américaine comprenant 35 villas clôturées “vendues chacune 500 000€ minimum.” Quel rapport avec le pont ? Eh bien, s’il atteint les 6 m, il gâchera la vue de Nîmes et des Alpilles qu’offre ce lieu et ainsi pourrait faire fuir les investisseurs. Il s’agit alors de s’arranger pour mener les deux projets de front sans qu’ils ne se gênent l’un l’autre. C’est pourquoi les plans ont été modifiés, la facture aussi d’ailleurs. “Dans la délibération municipale de février 2012, on passe d’un coût de 5,7M€ à 9,5M€. D’après nos calculs, sur cette affaire, les contribuables nîmois vont prendre en charge le coût de tous les aménagements d’infrastructure y compris ceux qui vont bénéficier au promoteur comme les bassins de rétention puisque le terrain est en zone inondable, à hauteur de 3M€” ajoute l’avocat avec en main toutes les pièces attestant ses déclarations.

Rétablir la vérité

Voilà en ce qui concerne le contexte très tendu de cette affaire qui se poursuit aujourd’hui par une instruction suite à une plainte pour diffamation déposée par Jean-Paul Fournier à l’encontre de Maurice Dumas. A l’origine de cette plainte, un tract adressé aux élus diffusé en avril 2012 sur lequel on pouvait lire un texte qui s’appuyait sur une déclaration qu’aurait prononcé le sénateur-maire en 2008 lors d’une réunion du Comité de quartier Villeverte : “Est-il normal de laisser un sénateur-maire exercer des pressions sur un préfet comme Jean-Paul Fournier s’en est vanté lors d’une réunion du Comité de quartier de Villeverte ?” Mais pour Me Taoumi, la plainte ne tiendrait pas et il ne manquera pas de s’appuyer sur le procès verbal de cette fameuse réunion de 2008 pour le prouver. “Nous ne sommes pas dans la polémique. Il s’agit là d’un dossier très important pour lequel nous voulons rétablir la vérité et la morale” s’accordent à dire Maurice Delmas et Me Olivier Taoumi.

En déplacement à l’étranger, le sénateur-maire de Nîmes n’a pu répondre à nos questions.

D’après un article de Stéphanie Marin sur objectifgard.com