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Ils veulent attaquer le Parc national des Calanques au pénal

Réunie hier dans la salle du tribunal de la Prud’homie des pêcheurs de Marseille que ces derniers avaient mis gracieusement à sa disposition, l’association des amis de la rade et des Calanques est repartie à l’assaut du Parc national. Et elle n’y est pas allée par quatre chemins…

Sur les conseils de leurs avocats, Mes Olivier Taoumi et Jean-Marie Lafran, l’association qui affirme représenter « plus de 90 000 personnes » a en effet annoncé son intention d’agir au pénal en déposant « plainte contre X pour mise en danger de la santé d’autrui, avec constitution de partie civile contre la tête du Parc qui se reconnaîtra… »

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En accusant cette « tête » d’inciter Marseillais et touristes à se rendre dans un parc naturel dont les eaux sont gravement polluées par des rejets toxiques (effluents urbains, boues rouges, etc.).

Ce regain de tension fait suite à la décision récente du Comité interministériel des parcs nationaux de rendre un avis favorable à un projet de décret visant à modifier celui du 18 avril 2012 portant création du Parc national des Calanques.

Décision prise selon l’association « en catimini et sans aucune publicité », au terme d’une consultation publique « à distance » menée sur le site internet du ministère de l’Écologie entre le 5 et le 27 mai.

Et l’association de faire remarquer que « les modifications apportées par ce nouveau décret corrigent la plupart des erreurs et approximations que nous avions relevées dans le texte original ».

Mais pour le directeur du Parc par intérim, Benjamin Durand, « il ne s’agit que de modification à la marge suite à des bugs et des coquilles inévitables dans un texte aussi technique et complexe ; erreurs que nous avions nous-mêmes identifiées très rapidement ».

Quant à l’action au pénal annoncée par l’association, le directeur dit tomber des nues. « Que je sache, ni l’ancien président du GIP Guy Teissier, ni l’actuelle présidente du parc Danielle Milon, ni moi-même n’avons jamais décidé de mettre des gens en danger par un acte prémédité. Et ce n’est pas le Parc qui a créé les pollutions existantes. Quant au préfet et aux maires, ils n’y ont jamais interdit la promenade ni la baignade… »

D’après un article de la Provence   Photo Thierry Garro